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PHILOSOPHIES

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Aliments pour une réflexion philosophique


L'ATTAQUE DES ROBOTS : LES FANTASMES IDIOTS DES ÉCONOMISTES par Dean BAKER

Publié par medomai sur 7 Février 2014, 13:36pm

Catégories : #AUTOMATISATION, #ANTICIPATION, #HUMOUR, #BAKER, #BREVETS, #TRAVAIL, #ROBOTS, #CRISE, #ECONOMIE

L'ATTAQUE DES ROBOTS : LES FANTASMES IDIOTS DES ÉCONOMISTES par Dean BAKER

(source : "Gnumblr" sur Tumblr)

Dean BAKER est macroéconomiste et co-directeur du CEPR (Centre pour la recherche économique et politique, voir le site : http://www.cepr.net/) à Washington DC. Auparavant, il a travaillé comme Senior Economist à l'Economic Policy Institute et fut Assistant Professor à l'Université de Bucknell. Il est membre du Conseil et chroniqueur régulier pour le magazine en ligne Truthout (http://truth-out.org/).

Dean BAKER est macroéconomiste et co-directeur du CEPR (Centre pour la recherche économique et politique, voir le site : http://www.cepr.net/) à Washington DC. Auparavant, il a travaillé comme Senior Economist à l'Economic Policy Institute et fut Assistant Professor à l'Université de Bucknell. Il est membre du Conseil et chroniqueur régulier pour le magazine en ligne Truthout (http://truth-out.org/).

L'ATTAQUE DES ROBOTS :

LES FANTASMES IDIOTS DES ÉCONOMISTES

 

Par Dean BAKER

 

Article paru le lundi 3 février 2014 sur le site Truthout :

http://truth-out.org/opinion/item/21625-the-attack-of-the-robots-economists-silly-fantasies

 

***

 

 

Un article très caustique de M. BAKER sur les robots; ou comment donner avec talent le sentiment qu'on ne traite pas sérieusement quelque chose qu'on traite sérieusement (finalement)...

 

(source : Tumblr)

(source : Tumblr)

« Les économistes ne sont pas très bons en économie (economists are not very good at economics). Maintenant nous le savons, parce que nous avons vu une énorme bulle immobilière s'effondrer, et presque aucun d'entre eux ne l'avait aperçue. Comte tenu des projections faites avant le crash par le Congressional Budget Office (ndt : comission budgétaire du Congrès américain), ce ralentissement (downturn) a déjà coûté plus de 7,6 trillions de $ (76 millemilliards)1, autrement dit 25,000 $ par personne. Cela aurait pu être évité si nous avions eu à des postes politiques des économistes qui comprennent comment l'économie fonctionne.


Mais même si les économistes ne sont pas très bons en économie, ils peuvent tout de même apporter de la valeur à la société. En particulier, ils peuvent être une grande source de divertissement. C'est sous cet angle que nous devrions considérer l'histoire selon laquelle les robots prendront tous nos emplois, et laisseront la plus grande partie de la population au chômage.


Cette histoire est devenue un thème populaire ces derniers temps parmi les différentes catégories d'hommes politiques à Washington. Il y a des gens importants, appartenant à tout le spectre politique, qui courent autour de la ville en se tordant les mains, [en songeant] à la perspective que l'économie ne puisse pas fournir des emplois à de larges segments de la population active.


Le premier aspect de cette histoire (story) censée impressionner les gens, c'est que beaucoup de ces mêmes personnes se sont tordu les mains sur le problème exactement inverse, probablement sans même le savoir. Rappelez-vous l'histoire (the story) de la façon dont le vieillissement des baby-boomers va nous mettre en faillite, parce que nous aurons trop peu de travailleurs pour soutenir l'explosion (surge) des baby-boomers à la retraite ?


Dans cette histoire, nous les baby-boomers vieillissants, nous serons abandonnés et contraints d'attendre que quelqu'un change nos bassines (someone to change our bedpans). Mais maintenant, nous sommes censés être inquiets sachant que nous n'aurons pas de travail à donner aux gens, parce que les robots seront là pour le faire plus vite, et moins cher.


Chacune de ces histoires pourrait en principe être vraie, mais elles ne peuvent pas être vraies ensemble. Si les robots sont capables de faire la plupart des tâches que les humains font maintenant, alors nous n'avons pas à nous soucier de la baisse des ratios travailleurs/retraités. Nous aurons beaucoup de robots pour faire le travail pour nous.


Par contre, si nous sommes confrontés à une pénurie de main-d'œuvre, car il y a trop peu de travailleurs pour soutenir (support) un nombre croissant de retraités, alors il est évident que les robots ne voleront pas le travail de chacun. Au pire, il faut nous soucier de l'un de ces problèmes, mais pas des deux.


Supposons que les robots sont le problème. En fait, ça n'a rien de nouveau. Les robots sont peut-être une nouveauté, mais c'est l'histoire de la croissance de la productivité que nous avons géré (dealt with) pendant des siècles. En général, nous pensons que la croissance de la productivité nous rend plus riches, puisque nous pouvons produire plus de biens ou de services par heure de travail. Cela peut conduire à la hausse du niveau de salaire et du niveau de vie, ou bien à encore plus de temps libre.

 

Toutefois l'histoire du robot (the robot story) est quelque peu différente, du moins selon ses partisans. Les robots sont censés conduire à de telles augmentations rapides de productivité, qu'il n'y aura aucun moyen de trouver comment réemployer les travailleurs déplacés. Le problème dans ce cas n'est pas la productivité, mais plutôt [le fait] que tous les avantages vont aux propriétaires des robots.


Avant d'évaluer la logique de cette histoire-ci, il faut noter que nous attendons encore les preuves (evidences) accréditant cette vision de l'économie. Car dans les six dernières années, la croissance de la productivité a été sensiblement plus lente que celle qui s'est produite durant dans toute la période commençant en 1995, début de l'accélération de la productivité, jusqu'à la récession de 2008.

 

Il n'existe pas non plus de preuves2 que les robots et autres changements technologiques sont responsables de la redistribution des revenus vers le haut [de la pyramide] au cours des trois dernières décennies.


Mais il y a un problème plus fondamental avec cette histoire d'inégalité fondée sur les robots (this robot driven inequality story). Les propriétaires de robots ne s'enrichiront pas d'emblée (directly) en possédant des machines : les robots vont probablement être assez modiques à fabriquer. Après tout, nous pourrons avoir des robots pour fabriquer les robots. Donc si les propriétaires de robots deviennent vraiment riches, ce sera parce que le gouvernement leur aura donné des monopoles sur des brevets (patent monopolies), afin qu'ils puissent soutirer (collect) beaucoup d'argent à toute personne voulant acheter ou construire un robot.


[Mais] les brevets ne nous sont pas offerts par les dieux ou par la nature ; c'est nous qui écrivons les lois sur les brevets. Si les monopoles sur des brevets doivent rendre la plupart d'entre nous pauvres, tandis que seul un petit nombre devient riche, alors c'est bien simple, il suffira juste d'écrire les lois différemment. Rien de plus facile : nous ferons des brevets plus courts et plus faibles (shorter and weaker). [Par exemple] cela pourrait signifier une durée de dix ans plutôt que vingt. Et peut-être plus important encore, nous rendrons le respect des brevets (patent enforcement) plus difficile.


Cela signifiera une interprétation des brevets plus étroite. Par exemple, la prochaine fois qu'un personnage comme Jeff Bezos tentera de revendiquer un brevet sur ​​quelque chose du genre l'achat-clic (one clic-shopping)3, non seulement on rejettera sa requête, mais on lui infligera de grosses amendes pour essayer de battre ses concurrents dans les tribunaux plutôt que sur le marché en faisant perdre du temps à tout le monde.


Si nous ajustons (adjust) les lois sur les brevets afin de mieux servir l'économie, nous pouvons faire en sorte que les robots et d'autres percées technologiques n'appauvrissent pas la plupart des pays, mais les enrichissent. Les économistes peuvent bien nous dire que le problème de l'inégalité n'est [qu'une conséquence] du progrès naturel de la technologie et de l'économie, mais la bulle et son effondrement auraient dû nous enseigner à ne pas prendre cette clique (this crew) au sérieux. Le vrai problème, c'est simplement que les règles sont écrites par les riches pour se rendre plus riches (the problem is really just one of the richs writing the rules to make themselves richer)."

 

1http://www.cepr.net/index.php/blogs/beat-the-press/the-damage-from-the-housing-bubble-how-much-did-the-greenspan-rubin-gang-cost-us

2http://www.cepr.net/index.php/blogs/cepr-blog/job-polarization-2000s

3http://www.forbes.com/sites/timworstall/2011/07/07/amazon-loses-1-click-patent/

(Source : Tumblr)

(Source : Tumblr)

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