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PHILOSOPHIES

PHILOSOPHIES

Aliments pour une réflexion philosophique


JEFFREY SACHS REJOINT LA REVOLUTION, par Mark MITCHELL

Publié par medomai sur 1 Avril 2014, 10:12am

Catégories : #SACHS, #ANTICIPATION, #WALL STREET, #ECONOMIE, #POLITIQUE, #FINANCE, #MORALE, #VIDEO, #MITCHELL

JEFFREY SACHS REJOINT LA REVOLUTION, par Mark MITCHELL

(source animographe : "Hexeosis" sur Tumblr)

JEFFREY SACHS REJOINT LA REVOLUTION, par Mark MITCHELL de DeepCapture.com

 

Point de vue posté sur le site DeepCapture.com le 30 avril 2013, en réaction à une conférence qui s'est tenue à la Réserve Fédérale de Philadelphie le 17 avril 2013, dont le thème était : « Réparer au mieux le système bancaire » (Fixing the Banking System for Good). Adresse :

 

http://www.deepcapture.com/jeffrey-sachs-joins-the-revolution/

 

***

 

 

« Je me souviens qu'il n'y a pas si longtemps, les gens qui disaient que Wall Street est remplie d'escrocs étaient considérés comme des marginaux. Simultanément, il était admis par tout le monde qu'ils enfonçaient une porte ouverte, mais, pour une raison quelconque (some reason), ils ne devaient pas le dire.

 

Les choses ont changé .

 

J'ai écouté le discours enregistré dans la vidéo ci-dessus. Il a été prononcé à – tenez-vous bien - la Réserve fédérale de Philadelphie, par – surtout restez sur votre chaise - l'économiste Jeffrey Sachs, nommé par Time Magazine « l'une des 100 personnes les plus influentes » dans le monde.

 

 

Jeffrey Sachs explique que Wall Street est plein d'escrocs (full of crooks). (4 :55 : we have really a mountain of criminal and fraudulent behaviors, « nous sommes face à une montagne de comportements criminels et frauduleux »)

 

Ce n'est pas tout. Sachs déclare :

 

« Je rencontre beaucoup de ces gens à Wall Street de façon régulière. Et je vais vous le dire très franchement. Je considère l'environnement moral comme pathologique. Je veux parler des interactions humaines que j'ai [avec ces gens]. Je n'ai jamais vu une chose pareille, jamais perçu une telle chose de façon si manifeste... Ils n'ont aucune responsabilité vis-à-vis de leurs clients, ils n'ont aucune responsabilité vis-à-vis des contreparties dans les transactions. Ils sont durs, avides, agressif, et se sentent eux-mêmes absolument hors de contrôle, dans un sens tout à fait littéral. Et ils ont détourné le système à un degré étonnant ; et ils ont un président docile, une Maison Blanche docile, et un système de réglementation docile, qui ne peut absolument pas exprimer une point de vue indépendant... Nous avons une politique corrompue jusqu'à la moelle. »

 

(Référence : 34:17. « I meet a lot of these people on Wall Street on a regular basis. I’m going to put it very bluntly. I regard the moral environment as pathological. I’m talking about the human interactions I have. I have not seen anything like this, not felt it so palpably…they have  no responsibility to their clients, they have no responsibility to counterparties in transactions. They are tough, greedy, aggressive, and feel absolutely out of control, in a quite literal sense. And they have gamed the system to a remarkable extent, and they have a docile president, a docile White House, and a docile regulatory system that absolutely can’t find its voice….We have a corrupt politics to the core. »)

 

Autrement dit, dans notre vocabulaire à DeepCapture, Washington a été « capturé » par des mécréants financiers (captured by financial miscreants).

 

Sachs nous avertit également de nous prémunir contre (entre autres) Goldman Sachs et le short seller John Paulson, concernant les CDO synthétiques qu'ils confectionnent pour nous les vendre (à savoir des dérivés hypothécaires délibérément conçus pour, à terme, s'auto-détruire). Fondamentalement, ce qu'il dit est exactement ce que nous disons depuis des années, mais c'est ce que les professeurs d'économie les plus importants n'osaient pas exprimer dans un discours à la Réserve Fédérale – en tous les cas, pas jusqu'à aujourd'hui. Et quand d'éminents économistes commencent à parler comme ça dans les discours de la Réserve Fédérale (il critique même le fractional reserve banking) - et bien, c'est une révolution potentielle. Patience (wait and see). »

 

***

Jeffrey David SACHS (né en 1954), diplômé d'Harvard, professeur de The Earth Institute (« l'Institut de la Terre ») à l'Université de Columbia (New York) depuis 2002, est consultant spécial auprès du Secrétaire Général de l'ONU, M. Ban Ki-moon. M. Sachs fut consultant économique pour de nombreux gouvernements en Amérique Latine, Europe de l'Est, ex-Yougoslavie, ex-Union soviétique, Afrique, Asie. En réponse aux crises économiques, il proposa ce qu'on peut appeler des « thérapies de choc » à des pays tels que la Bolivie (1985), la Pologne (1989), la Russie (1991). Ladite thérapie de privatisations massives en Russie (mass privatisation), qu'on peut effectivement qualifier « de choc », aurait provoqué un total de 3,2 millions de victimes selon l'UNICEF et l'IRC. (son adresse : https://plus.google.com/+JeffreySachsEI/posts) (source : wikipedia, le 1 avril 2014).

Jeffrey David SACHS (né en 1954), diplômé d'Harvard, professeur de The Earth Institute (« l'Institut de la Terre ») à l'Université de Columbia (New York) depuis 2002, est consultant spécial auprès du Secrétaire Général de l'ONU, M. Ban Ki-moon. M. Sachs fut consultant économique pour de nombreux gouvernements en Amérique Latine, Europe de l'Est, ex-Yougoslavie, ex-Union soviétique, Afrique, Asie. En réponse aux crises économiques, il proposa ce qu'on peut appeler des « thérapies de choc » à des pays tels que la Bolivie (1985), la Pologne (1989), la Russie (1991). Ladite thérapie de privatisations massives en Russie (mass privatisation), qu'on peut effectivement qualifier « de choc », aurait provoqué un total de 3,2 millions de victimes selon l'UNICEF et l'IRC. (son adresse : https://plus.google.com/+JeffreySachsEI/posts) (source : wikipedia, le 1 avril 2014).

La vidéo de la conversation avec Sachs commentée par DeepCapture.

***

 

Commentaire : Le moins que l'on puisse dire est que la « révolution » attendue à la fin de cet article ne s'est pas produite... Ce qui ne veut d'ailleurs pas dire grand chose : il est possible, par exemple, qu'elle ne se produise pas à la façon explosive dont se produit ordinairement une révolution (de revolutio, retournement), c'est-à-dire la fin brutale d'un mouvement, le brusque pivotement de l'aiguille d'une gigantesque boussole. Braudel l'ayant abondamment rappelé, les historiens savent que de très profonds changements peuvent survenir dans un temps moyen ou dans un temps long, changements indétectables dans une vision de temps court : c'est un peu comme si l'on prétendait surprendre la croissance d'une plante, la formation de ses bourgeons et de ses feuilles à l'oeil nu.

 

"C'est ainsi que finit [un] monde, / pas dans un boum, mais sur un gémissement" ("This is the way the world ends / not with a boum, with a whimper", Thomas Stearns Eliot, « Les hommes creux » (The Hollow Men, 1925), dans La terre vaine et autres poèmes).

 

 

Extrait du poème :

 

LES HOMMES CREUX

I

Nous sommes les hommes creux
Les hommes empaillés
Cherchant appui ensemble
La caboche pleine de bourre. Hélas !
Nos voix desséchées, quand
Nous chuchotons ensemble
Sont sourdes, sont inanes
Comme le souffle du vent parmi le chaume sec
Comme le trottis des rats sur les tessons brisés
Dans notre cave sèche.

Silhouette sans forme, ombre décolorée,
Geste sans mouvement, force paralysée ;

Ceux qui s’en furent
Le regard droit, vers l’autre royaume de la mort
Gardent mémoire de nous – s’ils en gardent – non pas
Comme de violentes âmes perdues, mais seulement
Comme d’hommes creux
D’hommes empaillés.

[...]

V

[...]

C’est ainsi que finit le monde
C’est ainsi que finit le monde
C’est ainsi que finit le monde
Pas sur un Boum, sur un murmure.

***

Thomas Stearns Eliot, La Terre vaine et autres poèmes [1922; 1976 pour la traduction française], Éditions du Seuil, Collection Points Poésie, 2006. Traduction de Pierre Leyris. (Source : https://schabrieres.wordpress.com/2008/09/17/ts-eliot-les-hommes-creux-the-hollow-men-1925/)

 

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