Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

PHILOSOPHIES

PHILOSOPHIES

Aliments pour une réflexion philosophique


RAPPORT SUR LA PROTECTION SOCIALE MONDIALE 2014/2015 par le BIT (5ème partie)

Publié par medomai sur 18 Août 2014, 22:06pm

Catégories : #BIT, #OIT, #CRISE, #ECONOMIE, #ANTICIPATION, #TRAVAIL, #SANTE, #PROTECTION SOCIALE, #AUSTERITE, #RETRAITES

« Construire la reprise économique, le développement inclusif et la justice sociale »

 

 

Publié le 3 juin 2014 par le Bureau International du Travail (International Labour Office) situé à Genève, à l'adresse :

 

http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---dgreports/---dcomm/documents/publication/wcms_245201.pdf

 

(Traduction du résumé introductif et sélection de graphiques liés, par Medomai)

 

 

 

 

SOMMAIRE (cliquer sur le lien) :

 

 

 

PARTIE 1 : INTRODUCTION / LA PROTECTION SOCIALE DES ENFANTS ET DES FAMILLES

 

PARTIE 2 : LA PROTECTION SOCIALE POUR LES PERSONNES EN ÂGE DE TRAVAILLER (1) : LE CHÔMAGE / LES ACCIDENTS DU TRAVAIL

 

PARTIE 3 : LA PROTECTION SOCIALE POUR LES PERSONNES EN ÂGE DE TRAVAILLER (2) : LE HANDICAP / LA MATERNITÉ

 

PARTIE 4 : LA PROTECTION SOCIALE APRÈS L'ÂGE DE TRAVAILLER : LES PENSIONS DE RETRAITE

 

PARTIE 5 : LA COUVERTURE DE SANTÉ UNIVERSELLE / LA PROTECTION SOCIALE, UNE CLÉ POUR SORTIR DE LA CRISE

 

PARTIE 6 : LA PROTECTION SOCIALE, UNE CLÉ POUR SORTIR DE LA CRISE (SUITE ET FIN)

 

 

 

 

 

 

Vers une couverture universelle en matière de santé

 

L'urgence d'œuvrer pour la couverture universelle en matière de santé est illustrée par le fait que plus de 90 % de la population vivant dans les pays à faible revenu reste sans aucun droit à la couverture en matière de santé. Globalement, 39 % de la population manque d'une telle couverture. En conséquence, environ 40 % de toutes les dépenses de santé mondiales sont assurées directement par le malade. Toutefois, même les personnes qui sont légalement couvertes perçoivent des prestations de santé limitées, des paiements de leur propre poche élevés, et une pénurie des travailleurs de santé nécessaires. Dans de telles circonstances, en dépit de la couverture [légale], les soins de santé ne sont souvent ni disponibles ni accessibles, et l'accès aux services nécessaires peut conduire à la pauvreté.

 

Le BIT estime qu'il y a un déficit global de 10,3 millions de travailleurs de santé nécessaires pour assurer que toutes les personnes en ayant besoin reçoivent des services de santé de qualité. Cet écart, et les salaires sont souvent proches de la pauvreté des travailleurs de santé, empêchent tout progrès vers un couverture de santé universelle.

 

Globalement, 88 pays dans plusieurs régions du monde ont prouvé qu'il est possible de combler les lacunes dans la couverture de santé. Beaucoup d'entre eux ont commencé le processus de réforme à des niveaux inférieurs de revenu national et investi en temps de crise économique. En outre, ils ont montré que des pays peuvent atteindre des taux de couverture élevés et même une couverture universelle, en utilisant des régimes financés soit par des contribution soit par l'impôt ou un mélange des deux. Toutefois, les pays en assainissement budgétaire ont souvent lancé des réformes de santé pour réaliser des économies de coûts, par des moyens tels que la réduction des coûts des installations de santé publique, l'introduction de tickets modérateurs, et la réduction de la masse salariale pour le personnel médical. Ces mesures d'ajustement ont aggravé les inégalités dans l'accès aux soins de santé et augmenté l'exclusion, en déplaçant la charge des fonds public vers les ménages.

 

Investir dans la protection de la santé, y compris les congés-maladie payés, est rentables. Cependant, les dépenses publiques de santé sont actuellement trop faibles pour être suffisamment efficaces : les retombées économiques potentielles de l'augmentation de la productivité et de l'emploi ne peuvent être réalisés tant que des lacunes dans la couverture persistent. Combler ces lacunes conduirait à des taux de rendement les plus élevés dans les pays les plus pauvres du monde.

 

Intensifier les efforts conjoints est nécessaire pour parvenir à une couverture maladie universelle, et vers le but associé d'établir des socles de protection sociale, comme l'a récemment demandé l'Assemblée générale des Nations Unies.

 

(48a) Couverture santé par région : proportion (en %) de personnes affiliées aux services de santé nationaux, à des programmes sociaux, privés ou de micro-assurance (derniers chiffres disponibles)

 
RAPPORT SUR LA PROTECTION SOCIALE MONDIALE 2014/2015 par le BIT (5ème partie)

 

 

(48b) Couverture santé globale : proportion (en %) de personnes affiliées aux services de santé nationaux, à des programmes sociaux, privés ou de micro-assurance (derniers chiffres disponibles)

 

RAPPORT SUR LA PROTECTION SOCIALE MONDIALE 2014/2015 par le BIT (5ème partie)

 

 

(49) Couverture santé légale et pauvreté (derniers chiffres disponibles)

RAPPORT SUR LA PROTECTION SOCIALE MONDIALE 2014/2015 par le BIT (5ème partie)

 

 

(50) Le déficit global dans l'accès effectif aux services de santé, par niveau de revenu national (2011/2012)

RAPPORT SUR LA PROTECTION SOCIALE MONDIALE 2014/2015 par le BIT (5ème partie)

 

 

(51) Couverture santé légale (en % de la pop.) et paiements de la propre poche des patients (=OOP) (en % des dépenses de santé totales) dans différents pays d'Afrique (2011)

RAPPORT SUR LA PROTECTION SOCIALE MONDIALE 2014/2015 par le BIT (5ème partie)
Vue schématique des mécanismes de financement permettant l'accès à la santé et la couverture de santé

Vue schématique des mécanismes de financement permettant l'accès à la santé et la couverture de santé

 

 

(52) Mécanismes de couverture utilisés par les pays ayant un taux de couverture santé légal de 80% et + de la population (dernières année disponible)

Légende : state/insurance coverage = couverture par l'Etat / par assurance.

Légende : state/insurance coverage = couverture par l'Etat / par assurance.

 

 

(53) Sources de financement des soins santé par région, en % du PIB (2011)

Légende : Government expenditure = dépenses de l'Etat ; Out-of-pocket = paiement de la poche du malade ; private prepaid = dépenses privées prépayées.

Légende : Government expenditure = dépenses de l'Etat ; Out-of-pocket = paiement de la poche du malade ; private prepaid = dépenses privées prépayées.

 

 

(54) Paiements de la poche du malade (OOP) en % des dépenses de santé totales, en regard de la proportion de la population nationale vivant avec moins de 2 $ par jour (2011)

RAPPORT SUR LA PROTECTION SOCIALE MONDIALE 2014/2015 par le BIT (5ème partie)

 

 

(55) Nombre de personnel médical pour 10 000 habitants dans divers pays (derniers chiffres disponibles)

RAPPORT SUR LA PROTECTION SOCIALE MONDIALE 2014/2015 par le BIT (5ème partie)

 

 

(56) Nombre de travailleurs médicaux qualifiés requis pour combler les déficits globaux et régionaux dans la couverture santé universelle (estimations du BIT, 2014)

RAPPORT SUR LA PROTECTION SOCIALE MONDIALE 2014/2015 par le BIT (5ème partie)

 

 

(57) Changements annuels dans la rémunération des personnels médicaux, en % des dépenses de santé totales (bleu foncé) et du PIB (bleu clair), par niveau de revenu national (2000-2010)

Légende :  Low-income / Middle-income / Lower/Upper-middle-income / High-income economies = économies à bas revenus /  moyens revenus /  moyens-inférieurs/moyens-supérieurs / hauts revenus

Légende : Low-income / Middle-income / Lower/Upper-middle-income / High-income economies = économies à bas revenus / moyens revenus /  moyens-inférieurs/moyens-supérieurs / hauts revenus

 

 

 

L'extension de la protection sociale : la clé pour sortir de la crise et pour le développement inclusif

 

La crise financière et économique mondiale a souligné avec force l'importance de la sécurité sociale en tant que droit humain, et en tant que nécessité économique et sociale, tel que cela est affirmé dans « Recommandation sur le socle de protection sociale » du BIT (2012), n°202.

 

Dans la première phase de la crise (2008-09), la protection sociale a joué un rôle important dans la réponse expansionniste. Au moins 48 pays à revenu élevé et intermédiaire ont annoncé des plans de relance budgétaire totalisant 2,4 trillions de $, dont environ 25% a été investi dans des mesures de protection sociale contracycliques.

 

Dans la deuxième phase de la crise (à partir de 2010), les gouvernements ont entrepris l'assainissement budgétaire et la contraction prématurée des dépenses, en dépit d'un besoin urgent d'aide publique au sein des populations vulnérables. En 2014, on prévoit que le champ d'application de l'ajustement des dépenses publiques s'intensifiera de manière significative : selon les projections du FMI, 122 pays contracteront leurs dépenses en termes de PIB, dont 82 sont des pays en développement. En outre, 20% des pays sont en cours de contraction budgétaire excessive, définie comme la réduction des dépenses publiques en dessous des niveaux d'avant la crise.

 

Contrairement à la perception du public, les mesures d'assainissement budgétaire ne sont pas limitées à l'Europe ; de nombreux pays en développement ont adopté des mesures d'ajustement, y compris l'élimination ou la réduction des subventions alimentaires et énergétiques ; des coupures ou des plafonnements dans les salaires, y compris pour les travailleurs de santé et des services sociaux ; la réorganisation et le ciblage plus étroit des prestations de protection sociale ; et les réformes des systèmes de retraite et de soins de santé. De nombreux gouvernements envisagent également des mesures sur les revenus secondaires, par exemple l'augmentation des taxes à la consommation comme la TVA sur les produits de base qui sont consommés par les ménages pauvres.

 

Dans les pays en développement, une partie des sommes récupérées avec ces ajustements, par exemple l'élimination des subventions, ont été utilisées pour concevoir des filets de sécurité étroitement ciblés, comme mécanisme de compensation pour les plus pauvres. Cependant, étant donné le grand nombre de ménages vulnérables à faible revenu dans les pays en développement, davantage d'efforts sont nécessaires pour accroître l'espace budgétaire permettant de répondre aux besoins de protection sociale des populations.

 

D'une importance toute particulière sont les tendances divergentes dans les pays les plus riches et les plus pauvres : alors que de nombreux pays riches contractent leurs systèmes de sécurité sociale, de nombreux pays en développement les développent.

 

Les pays à revenu élevé ont réduit une gamme de prestations de protection sociale et limité l'accès aux services publics de qualité. Avec la persistance du chômage, des salaires plus bas et des impôts plus élevés, ces mesures ont contribué à l'augmentation de la pauvreté et de l'exclusion sociale, qui touche actuellement 123 millions de personnes dans l'Union européenne, 24 %, dont de nombreux enfants, les femmes, les personnes âgées et handicapées. Plusieurs tribunaux européens ont jugé ces coupes inconstitutionnelles. Le coût de l'ajustement a été reporté sur les populations, qui se sont trouvé aux prises avec moins d'emplois et des revenus plus faiblespendant plus de cinq ans. Le niveau déprimé des revenus des ménages mènent à une consommation intérieure et une demande plus faible, ce qui ralentit la reprise. Les réalisations du modèle social européen, qui a réduit considérablement la pauvreté et promu la prospérité dans la période suivant la Seconde Guerre mondiale, ont été érodées par des réformes d'ajustement de court terme.

 

De nombreux pays à revenu intermédiaire élargissent hardiment leurs systèmes de protection sociale, contribuant ainsi à leur stratégie de croissance tirée par la demande intérieure : cela représente une puissante leçon de développement. La Chine, par exemple, a atteint une couverture quasi universelle des pensions et l'augmentation des salaires ; le Brésil a accéléré l'expansion de la couverture de la protection sociale et des salaires minimums depuis 2009. Un engagement continu est nécessaire pour remédier aux inégalités persistantes.

 

Certains pays à faible revenu ont augmenté la protection sociale, principalement grâce à des filets de sécurité temporaires avec des niveaux de prestations très faibles. Cependant, dans beaucoup de ces pays, des débats sont en cours sur la construction d'un socle de protection sociale dans le cadre de systèmes de protection exhaustifs.

 

La question de la protection sociale est incontournable pour notre époque. La protection sociale réalise le droit à la sécurité sociale et est un élément-clé d'une politique économique saine. La protection sociale contribue puissamment à la réduction de la pauvreté, de l'exclusion et des inégalités - tout en améliorant la stabilité politique et la cohésion sociale. La protection sociale contribue aussi à la croissance économique en soutenant le revenu des ménages et donc la consommation domestique ; c'est particulièrement important en cette période de reprise lente et faible de la demande mondiale. En outre, la protection sociale renforce le capital humain et la productivité, elle est devenue une politique essentielle pour le développement national transformatif. La protection sociale, en particulier les socles de protection sociale, sont essentiels pour la reprise, pour un développement inclusif et la justice sociale, et doivent faire partie de l'agenda du développement post-2015.

 

 

(58) Politiques de consolidations fiscales annoncées et économies fiscales associées, 2007-2014

RAPPORT SUR LA PROTECTION SOCIALE MONDIALE 2014/2015 par le BIT (5ème partie)

 

 

(59) Coupes annoncées (en %) dans les salaires de la fonction publique, sélection de pays européens, 2010-2013

RAPPORT SUR LA PROTECTION SOCIALE MONDIALE 2014/2015 par le BIT (5ème partie)

 

 

(60) Augmentation annuelle des OOP dans différents pays (%, 2007-2011)

RAPPORT SUR LA PROTECTION SOCIALE MONDIALE 2014/2015 par le BIT (5ème partie)

 

 

(61) Part de la protection sociale dans les programmes de relance annoncés (stimulus packages) (%, 2008-9)

RAPPORT SUR LA PROTECTION SOCIALE MONDIALE 2014/2015 par le BIT (5ème partie)

 

 

(62) Nombre de pays réduisant les dépenses publiques 2008-2016 relativement au PIB (a) et en termes réels (b)

Légende : high-income/developing countries : pays à hauts-revenus/en développement

Légende : high-income/developing countries : pays à hauts-revenus/en développement

 

 

(63) Contraction fiscale excessive : diminution projetée (moyenne 2005-7 par rapport à moyenne 2013-15) dans les dépenses publiques totales, en % du PIB (a)

RAPPORT SUR LA PROTECTION SOCIALE MONDIALE 2014/2015 par le BIT (5ème partie)

 

 

(64) Contraction fiscale excessive : diminution projetée (moyenne 2005-7 par rapport à moyenne 2013-15) dans les dépenses publiques totales, en dépenses publiques réelles (a)

RAPPORT SUR LA PROTECTION SOCIALE MONDIALE 2014/2015 par le BIT (5ème partie)

 

 

(65) Principales mesures d'économies (adjustments) par région (nombre de pays, en 2010-2013)

Légende : eliminating subsidies = suppressions des aides ; wage bill cuts/caps : décrets de coupes ou de gels-plafonnements dans les salaires ; increasing consumption taxes = augmentation des taxes à la consommation ; pension reforms = réformes des pensions/retraites ; rationalizing and targeting social assistance = réorganisation et ciblage de l'aide sociale ; health reforms = réformes du système de santé.

Légende : eliminating subsidies = suppressions des aides ; wage bill cuts/caps : décrets de coupes ou de gels-plafonnements dans les salaires ; increasing consumption taxes = augmentation des taxes à la consommation ; pension reforms = réformes des pensions/retraites ; rationalizing and targeting social assistance = réorganisation et ciblage de l'aide sociale ; health reforms = réformes du système de santé.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents