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PHILOSOPHIES

PHILOSOPHIES

Aliments pour une réflexion philosophique


LA MÉTHODE PAR HÉLICOPTÈRE selon John MUELLBAUER

Publié par medomai sur 5 Novembre 2014, 18:41pm

Catégories : #FRIEDMAN, #THIEL, #MUELLBAUER, #ECONOMIE, #DEFLATION, #QUANTITATIVE EASING, #ASSOUPLISSEMENT QUANTITATF, #CRISE, #CAPITALISME, #INNOVATION

Là où la plupart des gens considèrent que le capitalisme et la compétition vont de pair, je pense qu'en réalité ils sont presque incompatibles.

Pieter THIEL, Philosophie Magazine n°83, octobre 2014, p.62

Décidément, les temps sont à la remise en question des dogmes...

 

Certains économistes comme John  Muellbauer, de l'Université d'économie d'Oxford, prônent désormais des solutions hors-norme différentes du Japon et des USA, pour sortir l'Europe de la déflation : en l'occurence, ce qu'un monétariste peu porté sur les plaisanteries, un certain Milton Friedman, appelait le "largage d'argent par hélicoptère" (dropping money out of a helicopter).

 

La formule serait apparue dans un texte de 1969, Optimum Quantity of Money, p.4 :

 

" Let us suppose, then, that one day a helicopter flies over our hypothetical long- stationary community and drops additional money from the sky equal to the amount already in circulation. "

 

Une simple hypothèse d'école est donc devenue une option politique à discuter. Pour M. Muellbauer, il s'agit de relancer directement la consommation du public (non plus les entreprises, mais les ménages, je suppose) en lui fournissant de la monnaie crée par la Banque Centrale, puisque les facilités de crédit aux banques ne marchent pas :

 

" Clearly, the ECB must develop a strategy that works in the eurozone’s unique system, instead of continuing to follow the Fed’s lead. Such a strategy should be based on Friedman’s assertion that “helicopter drops” – printing large sums of money and distributing it to the public – can always stimulate the economy and combat deflation. But, in order to maximize the impact of such an operation, the ECB would also have to find a way to ensure fair distribution. "

 

Un précédent post ici prédisait déjà la mise au goût du jour de ce genre de pratique. Voir ci-dessous l'article original de M. Muellbauer.

 A côté de cela, vous lisez dans Philosophie Magazine n°83 (octobre 2014) p.62-63, des remarques assez incroyables de Pieter THIEL un magnat libertarien de la Silicon Valley, sur le fonctionnement réel du capitalisme, je cite (c'est moi qui souligne)  :

" Pierre MANENT : Mais la compétition n'est-elle pas le ferment du capitalisme, justement ?

 

Pieter THIEL : Répondre à cette question pourrait me valoir des ennuis ! Mais je vais être honnête. Là où la plupart des gens considèrent que le capitalisme et la compétition vont de pair, je pense qu'en réalité ils sont presque incompatibles. Qu'est-ce qu'un capitaliste ? Quelqu'un qui réussit à accumuler du capital. A l'inverse, dans un monde très compétitif, les gains de chaque concurrent sont faibles, et l'accumulation de capital est lente, voire impossible. Pour prendre un exemple, à Paris, on pourrait dire que le secteur de la restauration est férocement compétitif mais qu'il n'est pas capitaliste : les restaurateurs, en particulier dans la restauration de standing, s'endettent, travaillent énormément et mettent peu d'argent de côté.

 

PM : Ma plus jeune fille, qui travaille dans la restauration, serait tout à fait d'accord avec vous !

 

PT : Par contraste, je dirais qu'une société comme Google est le symbole du modèle capitaliste : elle génère énormément de capital, car elle n'a plus de compétiteur réel depuis qu'elle a dépassé ses principaux concurrents sur la niche "moteur de recherche". C'est l'une des vérités politiquement incorrectes du capitalisme : les entreprises les plus prospères ont toujours une dimension monopolistique. Et personne ne veut ni même ne peut le reconnaître. Les dirigeants de Google ne peuvent pas dire officiellement : "Nous avons un monopole encore plus grand que Microsoft dans les années 1990", donc ils préfèrent présenter les choses ainsi : "Nous sommes une société de technologie en concurrence féroce avec Apple sur Android, avec Facebook sur les réseaux sociaux et avec Amazon sur le commerce. " Les gens qui ont un monopole font toujours semblant de ne pas en avoir. Inversement, quand vous lancez une entreprise en milieu très concurrentiel, vous devez vous présenter aux investisseurs comme sans compétiteurs, pour qu'ils acceptent de miser sur vous. Cela étant, cette capacité d'acquérir des monopoles est l'une des incitations à l'innovation les plus puissantes. Et l'innovation est ce qui permet de remettre en question  les monopoles anciens, en en bâtissant de nouveaux."  

 

M. Thiel a le mérite de la franchise. Mais si je le comprends bien, notre seul rempart contre la tendance structurelle à l'invasion des monopoles, c'est l'innovation permanente.

 

Wow...

 

Bon courage.

Pieter THIEL (source : http://gawker.com/5231390/facebook-backer-wishes-women-couldnt-vote)

Pieter THIEL (source : http://gawker.com/5231390/facebook-backer-wishes-women-couldnt-vote)

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