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PHILOSOPHIES

PHILOSOPHIES

Aliments pour une réflexion philosophique


LA SÉDUCTION DE LA TERREUR par Jean-Michel MUGLIONI

Publié par medomai sur 24 Novembre 2014, 21:51pm

Catégories : #TERRORISME, #MUGLIONI, #EDUCATION, #ANTICIPATION, #ECONOMIE, #PHILOSOPHIE, #MARCHÉ, #ÉCOLE, #NIHILISME

Jean-Michel MUGLIONI
Jean-Michel MUGLIONI

Né en 1946, vice-président de la Société Française de Philosophie, Jean-Michel Muglioni a enseigné la philosophie pendant plus de trente ans en classes préparatoires, et jusqu'en 2007 en khâgne au lycée Louis-le-Grand. Agrégé de philosophie, il a également soutenu en 1991 une thèse de doctorat d'Etat sur la philosophie de l'histoire de Kant. Il contribue règulièrement à la revue de Mezetulle. Il a signé comme auteur La philosophie de l'histoire de Kant (Hermann, 2e édition revue 2011, 1ère éd. PUF, 1993) et Repères philosophiques (Ellipses, 2010). (source)

Pour lire un autre article de M. Muglioni sur la question du travail, voir ici.

 

Je partage profondément le diagnostic et la colère de M. Muglioni. Sa conclusion rejoint de manière interrogative son introduction :

 

"Une ère de terrorisme ne fait que commencer. Le vide intellectuel et moral de notre temps et la réduction de la politique à l’économie font le lit des fanatismes religieux, car les hommes ont d’autres exigences que l’argent. Pourquoi notre société a-t-elle des enfants perdus ? C’est qu’il n’y est pas question d’en faire des hommes mais seulement des producteurs et des consommateurs. (...)

 

Mais l’indifférence des classes dirigeantes à la culture et la réduction du politique au sociologique ne sont-elles pas une conséquence du règne sans partage de l’économie ?"

 

Là est la question : pourra-t-on jamais résoudre ou restreindre le problème économique, de sorte qu'une place soit laissée dans l'esprit humain à autre chose ?

 

Il va de soi qu'il y aura toujours certains esprits pour succomber aux vanités des richesses inutiles. Mais il suffirait qu'il n'aient point les moyens d'asservir les autres, et tout le monde s'accomoderait fort bien de leur folie : on les laisserait entasser ce qui les passionne tranquillement, sans que cela ne gêne plus personne.

 

Toutefois il faudrait pour cela qu'aucun homme n'ait à produire seul ni à échanger ses propres moyens d'existence avec un autre.

 

Comme il ne faut attendre cela ni des forces individuelles ni de la bienveillance de l'humanité, il est plus que probable qu'une autre solution doive lentement émerger à travers bien des douleurs, aussi étrange et inconcevable soit-elle pour un esprit de notre époque. Et elle émergera plutôt des tristes dispositions du genre humain, sur lesquelles on peut néanmoins toujours compter : l'égoïsme, la peur, la jalousie, l'appât du gain, le besoin d'assujettir ses semblables et l'avidité insatiable, ainsi que toutes les résistances que ces charmants traits de caractère éveillent chez les autres.

 

En tout bonne logique, répétons-le, ce n'est que lorsqu'aucun homme n'aura plus besoin ni de produire seul, ni de se mettre au service d'un autre pour subvenir à ses besoins élémentaires qu'une telle équation pourra s'équilibrer. Mais seule la réduction par l'automatisation pourrait faire disparaître tout le travail humain nécessaire à la survie de chaque membre de l'espèce. On voit donc assez aisément le moyen : il n'est pas si difficile à concevoir, après tout.

 

Qu'en est-il de sa réalisation concrète ?

 

Portons nos regards autour de nous : partout des machines, partout des programmes et des ordinateurs. L'entière automatisation de la production et des services, n'est-ce pas là le projet auquel s'active avec une remarquable obstination le capitalisme dans sa forme contemporaine ? Et n'est-il pas fascinant de voir quel entrain et quelle énergie - presque idiots - il met dans cette quête ?

 

Bien entendu, peut-être, tout cela relève de l'utopie, à moins que ce ne soit la dystopie.

 

Ou bien peut-être pas ?

 

LA SÉDUCTION DE LA TERREUR par Jean-Michel MUGLIONI

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