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PHILOSOPHIES

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Aliments pour une réflexion philosophique


ET EN PRATIQUE, EST-CE QUE ÇA MARCHE ? par Annakaisa SUNI

Publié par medomai sur 1 Décembre 2014, 22:36pm

Catégories : #REVENU DE BASE, #ALLOCATION UNIVERSELLE, #FINLANDE, #SUNI, #NAMIBIE, #BRESIL, #PAUVRETE, #CHOMAGE, #ECONOMIE, #POLITIQUE

ET EN PRATIQUE, EST-CE QUE ÇA MARCHE ? par Annakaisa SUNI

Annakaisa SUNI est journaliste, spécialisée dans les questions politiques. Son article est paru le 27 novembre 2014 sur le site finlandais Vihrealanka.fi de la revue Virhreä Lanka (« Fil Vert »).

 

 

Article original : http://www.vihrealanka.fi/node/14424/

 

Tentative de traduction bricolée du finlandais (merci les traducteurs automatiques...) par Medomai.

 

REMARQUE : l'idée d'instaurer un revenu de base a été très récemment (juillet 2014) discutée en Finlande, comme le suggère cet article du Helsinki Times, qui souligne qu'à la suite du leader écologiste Osmo Soininvaara, le très libéral vice-président du parlement européen Olli Rehn, ainsi que le « super-capitaliste » (uber-capitalist) Björn Walroos y sont favorables, tandis que les sociaux-démocrates et les syndicats y sont hostiles :

 

http://www.helsinkitimes.fi/business/11243-is-finland-ready-for-a-basic-income-2.html

 

 

 

 

 

« Le « Basic » (basic income, revenu de base) n'est pas utilisé n'importe où. Il y a au Brésil une loi sur le revenu de base depuis 2004.

 

Le « Basic » devait s'étendre progressivement, mais il n'est pas encore très développé.

 

Selon Michael Wigell, membre de l'Institut Finlandais de Politique Étrangère, le programme social brésilien Bolsa Família, connu dans le monde entier, ne peut pas être considéré comme un exemple de revenu de base.

 

Contrairement au revenu de base, le programme Bolsa Família n'est pas gratuit. « Ces programmes comportent une forme de paternalisme (a kind of paternalistic element) – [ils ont un] impact sur les pauvres, dont les choix sont contrôlés, sans qu'ils ne le comprennent, en vue de mettre leurs enfants à l'école et de leur donner des soins de santé », selon Wigell.

 

Il est difficile de comparer le programme Bolsa Família aux conditions d'existence en Finlande, car ici, les plus pauvres ont au moins été à l'école primaire, et ont un large accès aux soins de santé. [Mais] un concept plus proche [du Basic] s'est mis en place, sans la notion de manipulation des choix [des participants].

 

Dans les villages namibien d'Otjiveron et d'Omitaran, le revenu de base (Basic Income Grant, BIG) a été testé en 2008, principalement avec des fonds d'aide en provenance d'Allemagne. Tous les résidents ont reçu 100 dollars namibiens - environ 9 euros par mois. Selon le Süddeutsche Zeitung, l'activité économique dans le village a augmenté de 10 %, la scolarisation a augmenté, la santé des villageois s'est améliorée et la criminalité a diminué1.

 

Contrairement à ce que souhaitent les organisations, le gouvernement de Namibie ne veut pas commencer à payer pour ce revenu de base2, et en ce moment, en raison du manque de financement, le système est en cours d'interruption, selon le magazine économique allemand Brand Eins3.

 

 

Dans les pays riches, le revenu de base a été testé dans les années 1970, dans quelques villes aux États-Unis et au Canada. Aux États-Unis, en particulier pour les femmes et les jeunes, l'emploi et les salaires réels ont baissé. Dans le même temps, la scolarisation des jeunes a augmenté.

 

Le nombre de divorces a aussi augmenté, parce que le revenu de base donné accès à l'autonomie pour les femmes.

 

L'emploi a très peu diminué au Canada, tandis que les résultats d'apprentissage pour les enfants et la santé des gens se sont améliorés.

 

Ces résultats ne sont pas directement généralisables, et ne peuvent pas être comparés à la situation en Finlande aujourd'hui.

 

Le plus ancien « revenu de base » est le Fonds Permanent de l'Alaska (Alaska Permanent Fund), qui redistribue tous les ans les revenus du pétrole à tous les résidents. Le fonds a été créé en 1976. Au cours des dernières années, le dividende a été d'environ un millier de dollars par an, afin qu'aucun Alaskien ne soit livré à lui-même. »

 

 

NOTES

1 Le projet porte sur 1000 habitants. Selon le magazine économique allemand Brand Eins, la pauvreté a baissé, le nombre d'enfants en insuffisance pondérale a baissé de 42 à 10 %, le taux de décrochage scolaire a chuté de 40 % à 0, presque toutes les familles ont enfin payé les frais de scolarité et ont eu accès aux soins de santé de base (4 dollars namibiens) ; la criminalité a baissé de 40 % et les vols de bétail alentours ont baissé de moitié. Certains villageois ont même utilisé le BIG pour démarrer de petits commerces de boulangerie, de couture, ou de petite maçonnerie. Pour une revue de presse allemande sur le sujet : http://bgekoeln.ning.com/profiles/blogs/pressespiegel-ueber-das . (NdT)

 

2 Après deux ans et demi de silence et d'indifférence pour le projet, le président namibien Hifikepunye Pohamba a estimé que ce BIG incitait les gens à ne rien faire, et le premier ministre Nahas Angula l'a qualifié de « forme paternaliste de lutte contre la pauvreté » (source : http://www.brandeins.de/lesen/was-wurde-aus/grundeinkommen-in-namibia/). Pourtant les résultats d'une enquête récente de l'« Afrobarometer Namibia » (20 novembre 2014) effectué par le professeur Bill Lindeke pour l'Institut de Recherche Politique IPPR indique que 78 % des namibiens seraient favorables à l'introduction du BIG à l'échelle nationale (source : http://www.az.com.na/lokales/mehrheit-ist-f-r-grundeinkommen.421676 ), même si cela devait impliquer une hausse de la TVA ou de l'impôt sur le revenu : document original à l'adresse : http://www.ippr.org.na/sites/default/files/NAM_R6_Public_Policy_PreferencesPresentation2_18Nov14final.pdf (voir pages 22 à 24). (NdT)

 

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