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PHILOSOPHIES

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Aliments pour une réflexion philosophique


INTERNET RADICALISE-T-IL LES FOULES ?

Publié par medomai sur 12 Janvier 2015, 22:07pm

Catégories : #INTERNET, #TERRORISME, #SECURITE, #SURVEILLANCE, #LUTTE, #RADICALISATION, #PRISON, #GOOGLE, #PIXEL

L'article ci-dessous est intéressant en ce qu'il contredit une idée répandue, à laquelle je souscrivais moi-même dans un précédent billet (ici) : internet serait un facteur de radicalisation des opinions. Je tiens bien sûr à préciser que ce ne sont que les modestes réflexions d'un simple citoyen, et que le traitement convenable d'un tel sujet mériterait des compétences que je n'ai pas.

A cet égard, les actes terroristes récents sont un échantillon pertinent pour l'analyse : leurs auteurs ont-ils été radicalisés par la fréquentation d'internet ?

Personnellement, j'accordais un certain poids à l'idée que, par l'intermédiaire d'un accès libre et non critique à toutes les propositions idéologiques les plus extrêmes et à toutes les intox/propagandes/faux-documents/etc, mais aussi par l'effet de certains moteurs de recherche comme Google qui croisent nos données et nous présentent des résultats les plus conformes à nos précédentes recherches, la pratique d'internet serait un facteur de radicalisation idéologique (politique ou religieuse, ou les deux), dans le sens où il produirait des effets de renforcement de nos convictions préexistantes (en saturant notre environnement intellectuel de discours et données allant dans notre sens).

Mais l'article du Blog PIXEL du Monde souligne le fait que ces processus ne sont pas en cause dans le cas des Kouachi, de Coulibaly, Nemmouche ou Merah : il n'ont pas été radicalisés par internet, mais - sur la foi d'éléments de l'enquête - d'abord et avant tout par des rencontres faites en prison.

L'environnement carcéral, la fréquentation d'individus ayant déjà basculé dans la doctrine ou la pratique du terrorisme en PRISON, sont donc un facteur nettement plus important (voire même simplement l'enfermement en prison, dans le cas Merah). On peut supposer qu'internet, ensuite, a permis d'entretenir ces contacts ou d'en multiplier d'autres.

L'article ne tire pas de conclusion, mais ce que j'ai pu lire suggère qu'au fond, internet est utilisé par ces individus comme diffuseur de message, comme vecteur symbolique d'expression, davantage qu'il n'est la cause de leur dérive intellectuelle. Et il y a fort à parier pour que, dans l'avenir, les prochains terroristes se méfient d'internet et des traces trop repérables qu'ils pourraient y laisser de leurs intentions (à mois qu'il ne fassent exprès d'y laisser de fausses pistes), puisque celui-ci sera surveillé.

Cela bien sûr ne veut pas dire que l'utilisation d'internet n'a aucun effet sur nous, ni même ne constitue une preuve suffisante qu'il ne "radicalise" personne. Mais il est faux, en l'état actuel, d'accuser internet de radicaliser les esprits jusqu'à y produire les germes du terrorisme.

Mais cela enlève-t-il toute pertinence à l'idée qu'à mon avis, notre expérience d'internet gagnerait à ce qu'existe et à ce que nous puissions pratiquer une plus grande variété de moteurs de recherche ?

Pourquoi les moteurs de recherche ne sont-ils pas multiples ? Pourquoi ne nous donnent-il pas le choix entre une recherche axée, par exemple, sur un classement des pages par la fréquentation, ou par la fréquence d'un mot, ou par la dernière date de modification de la page, ou par la relation à des mots clés choisis par nous ?

Autrement dit, pourquoi ne pouvons-nous pas nous-même fabriquer nos propres critères de recherche, comme c'est déjà la cas dans toute bibliothèque scientifique digne de ce nom ?

Voilà, une fois de plus, "un truc qui devrait déjà exister !"

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