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PHILOSOPHIES

PHILOSOPHIES

Aliments pour une réflexion philosophique


FAUT-IL AVOIR PEUR DES MACHINES par Corine LESNES

Publié par medomai sur 31 Mars 2015, 22:12pm

Catégories : #INTELLIGENCE, #ARTIFICIELLE, #AUTOMATISATION, #ROBOTS, #LESNES, #USA, #BERGSON, #PHILOSOPHIE, #SILICON VALLEY, #ANTICIPATION

(animographe : functor @ tumblr)

(animographe : functor @ tumblr)

Le débat prend une tournure intéressante.

 

Bergson n'avait pas tort de le déplorer :

 

" Dans ce corps trop grand, démesurément grossi, l'âme reste ce qu'elle était, trop petite maintenant pour le remplir, trop faible pour le diriger. D'où le vide entre lui et elle. "

 

Investir dans la sagesse humaine aussi, et pas seulement dans l'intelligence artificielle est effectivement essentiel. Mais à vrai dire, investir durablement dans la sagesse à toujours été une bonne idée rarement suivie.

 

Ce que l'on peut comprendre d'ailleurs, étant donné que la vie est brève, et que la tentation est grande de s'en remettre aux instincts rapides, efficaces dans un environnement stable, et autres mécanismes court-circuitant le doute et l'évolution par la réflexion.

 

D'autre part, chercher la sagesse ne rend pas rapidement très riche, au sens habituel du terme, or bien des choses concourent dans nos institutions et nos relations à favoriser exclusivement cet esprit d'enrichissement rapide et sans bornes.

 

Les espèces dont la vie individuelle est très courte n'ont d'ailleurs pas le temps d'avoir des doutes et d'investir dans leur sagesse individuelle (ni de faire des expériences), et elles ont raison de ce point de vue. Prolifiques, très semblables individuellement, mais éphémères aussi, ce n'est pas un hasard si leur intelligence, sélectionnée par l'histoire, est souvent automatique, instinctive, ou bien un effet émergent de la collectivité. C'est probablement qu'elle ne pouvait pas se développer autrement.

 

Notre intelligence individuelle humaine a certes connu de grands succès en un temps très court à l'échelle de l'histoire du vivant, mais elle nous prend du temps à former et à transmettre (à l'échelle d'une vie, en proportion du temps restant) : plus on est exigeant à son égard, et plus ce temps devient long pour cultiver une individualité que nous jugeons accomplie.

 

Or, en faveur du progrès de l'artificielle ou de l'humaine, les différentes incitations ne sont ni de même nature, ni de même force, ni de même grandeur sur la ligne de départ.

 

En outre l'intelligence artificielle va sérieusement tester notre tendance à la paresse intellectuelle (penser coûte du temps, de la peine, et des investissements aussi : cliquer et demander une réponse à l'ordinateur beaucoup moins), mais aussi la pérennité des processus de rationalisation technique (de la production) et économique (des coûts) qui sont inhérents à notre système d'existence collective.

 

Donc si former des intelligences individuelles coûte trop cher et trop de temps comparativement aux artificielles, on en formera moins et/ou moins bien, ou bien une impulsion contraire viendra d'un autre paramètre.

 

Bien sûr, on peut en attendant faire des expériences de pensée. Ou faire des expérimentations préparées, en laboratoire.

 

Mais je ne crois pas que nous puissions éviter que certaines forces nous imposent de nombreuses expériences grandeur nature, sans précautions ni sagesse, avec tous les effets involontaires induits dans le réel.

 

Il nous faut dès maintenant investir dans notre intelligence et dans notre sagesse à nous, parce que c'est elle qui ensuite s'investira dans l'intelligence de nos machines. 

 

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