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PHILOSOPHIES

PHILOSOPHIES

Aliments pour une réflexion philosophique


LA SCANDALEUSE POLITIQUE GRECQUE DE MME MERKEL par JÜRGEN HABERMAS

Publié par medomai sur 30 Juin 2015, 10:07am

Catégories : #EUROPE, #ALLEMAGNE, #GRÈCE, #POLITIQUE, #ECONOMIE, #POUVOIR, #MERKEL, #HABERMAS, #CRISE, #DEMOCRATIE

 

Un texte intéressant sur l'actualité, à méditer aussi pour ses implications philosophiques plus larges. Par ailleurs, je ne dirais pas que la politique de Mme Merkel est "ein Fehler". Bien au contraire, de son point de vue, je crois qu'elle et son équipe obtiennent pour le moment ce qu'ils désiraient, consciemment ou non.

 

Quand on est très décidé et méthodique, on arrive fréquemment à ses fins. Mais la question est de savoir si, ensuite, au bout du compte, on est satisfait d'avoir obtenu ce que l'on voulait. N'arrive-t-il pas un jour qu'on ne veuille plus ce qu'on a voulu, quand pourtant enfin cela se produit ? N'est-ce pas précisément ce qui est arrivé à Oedipe ?

 

L'histoire jugera.

 

Par ailleurs, le problème des contradictions internes au système des mandats politiques dans une union qui ne l'est pas est patent, et le philosophe allemand a parfaitement raison de le souligner.

 

Mais la solution tout aussi parfaitement logique qu'il propose est problématique. La question est : sommes-nous en mesure aujourd'hui, sur des choix fondamentaux de société (je ne parle pas de la longueur du cornichon, mais de l'impôt, de l'immigration, de la politique sociale, de la paix ou de la guerre), de nous soumettre à la décision collective d'une majorité qui regrouperait les représentants de plusieurs nations et dont les nôtres seraient une minorité parmi d'autres ?

 

C'est d'ailleurs une question qu'il faudrait poser dans toutes les langues de l'Europe d'aujourd'hui.

 

L'état  économique, social, intellectuel actuel des sociétés européennes me paraît clairement exclure aujourd'hui la possibilité d'un tel choix : les européens ne se considèrent pas (et ne se traitent pas) actuellement les uns les autres comme des citoyens ayant une voix égale au chapitreCe n'est qu'un constat élémentaire ; il n'est pas besoin d'être un farouche et cynique réalpoliticien pour y souscrire (voir le dernier article ci-dessous).

 

Une telle possibilité présuppose une Europe différente, avec au minimum une identité commune forte et le sens d'un intérêt commun fort. On n'aperçoit rien de tel dans le réel. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas travailler à les faire émerger. Mais ce qui veut dire qu'en tout état de cause, il sont aujourd'hui trop faibles pour supporter le poids de l'édifice qu'on veut bâtir au dessus.

 

Tout bon architecte ne doit-il pas réfléchir à la répartition des forces sur la charpente comme sur les fondations ?

 

D'ailleurs les partisans d'une union politique - autrement dit les fédéralistes - voient à chaque élection successive s'affaiblir un peu plus leur voix et leurs arguments. Est-il dans leur propre intérêt possible longtemps d'ignorer ainsi le réel ?

 

Il me semble que ce n'est pas pendant la crue qu'on enlève les vieilles digues pour en bâtir de nouvelles.

 

L'union de coopération n'est pas une union politique parfaite ni complète, cela n'en est pas moins une union bénéfique et intéressante. Il serait regrettable de détruire l'une sous prétexte de vouloir bâtir l'autre sur du sable.

 

Il en résulte d'ailleurs que l'union monétaire doit être progressivement réaménagée pour éviter de détruire les forces de coopération, qui faiblissent un peu plus chaque fois que se présentent les chocs externes ou internes au continent européen, auxquels d'autres ensembles politiques se prêtent d'ailleurs bien volontiers.

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