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PHILOSOPHIES

PHILOSOPHIES

Aliments pour une réflexion philosophique


GOLDMAN SACHS N'A PAS LES MAINS PROPRES POUR LA CRISE GRECQUE par Russ et Pam MARTENS

Publié par medomai sur 8 Juillet 2015, 21:34pm

Catégories : #BANQUES, #CRISE, #GRÈCE, #ECONOMIE, #DETTE, #GOLDMAN SACHS, #BLANKFEIN, #LOUDIADIS, #COHN, #MARTENS

Un film de Jean Stéphane BRON, dédié à UN PROCES QUI AURAIT DU AVOIR LIEU, et que je conseille à tous ceux qui veulent réfléchir aux questions de responsabilité et de manipulations financières autour de la dette.

Un film de Jean Stéphane BRON, dédié à UN PROCES QUI AURAIT DU AVOIR LIEU, et que je conseille à tous ceux qui veulent réfléchir aux questions de responsabilité et de manipulations financières autour de la dette.

L'article qui suit a été publié le 30 juin 2015 sur le site d'analyse des dérives financières américaines wallstreetonparade.com.

 

Il est traduit par Medomai.

 

Pour que ne soient jamais oubliés les noms des premiers responsables sur le versant financier.

 

 

 

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« Les dirigeants de [la banque américaine] Goldman Sachs Lloyd Blankfein, Gary Cohn et Addy Loudiadis perdent-ils un peu le sommeil en songeant aux files de retraités âgés attendant devant les rideaux fermés des banques en Grèce, essayant désespérément d'obtenir leurs chèques de pension pour payer leur loyer et acheter de la nourriture ? Ces gros bonnets de chez Goldman sentent-ils un petit remords de conscience pour l'humiliation par les créanciers de ce pays autrefois si fier ? Peut-être Blankfein qui, dans une formule célèbre, se félicita naguère de « faire le travail de Dieu » pourrait-il verser une larme ou deux pour le gamin accroché à la main de sa grand-mère âgée, alors qu'elle sillonne Athènes à la recherche d'un guichet automatique, pour retirer de son compte les 66 $ - le maximum autorisé par jour durant le contrôles des capitaux récemment imposé ?

 

Selon les rapports d'enquête qui sont parus dans Der Spiegel, le New York Times, à la BBC, et sur Bloomberg News de 2010 à 2012, Blankfein, aujourd'hui CEO de Goldman Sachs, Cohn, maintenant Président et COO, et Loudiadis, directrice générale, ont tous joué un rôle dans l'élaboration de contrats de produits dérivés complexes avec la Grèce, qui ont réussi deux choses : ils ont permis à la Grèce de cacher la véritable ampleur de sa dette, et ils ont fini par presque doubler le montant de la dette due par la Grèce sur ces douteuses offres de dérivés.

 

Un documentaire de la BBC de février 2012 sur l'affaire Goldman Sachs fournit le point de vue profane sur les dessous louches de l'accord, le qualifiant d'« importation toxique » en provenance d'Amérique, qui « hâte » la chute de la Grèce.

 

Le 5 Mars 2012, Nick Dunbar, qui apparaît dans le documentaire de la BBC sur l'accord Grèce/Goldman et qui est l'auteur de : The devil's derivatives, publiait avec Elisa Martinuzzi un article révélateur pour Bloomberg News. Les auteurs décrivent le deal de Goldman Sachs avec la Grèce comme suit :

 

« Le jour où l'accord de 2001 fut conclu, le gouvernement [grec] devait à la banque environ 600 millions d'euros (793 millions de $) de plus que les 2,8 milliards de euros qu'il avait emprunté, selon la déclaration de Spyros Papanicolaou, qui a repris l'agence de gestion de la dette du pays en 2005. Entre temps, le prix de la transaction, un dérivé qui dissimulait le prêt, et que Goldman Sachs avait persuadé la Grèce de ne pas tester avec ses concurrents, avait presque doublé et s'élevait à 5,1 milliards d'euros. »

 

Un gain de 600 millions d'euros représente environ 12 % des 6,35 milliards de $ de chiffre d'affaire que Goldman Sachs annonça concernant le trading et les principaux investissements en 2001, un segment de business qui inclut, dans la banque, la division chargée des revenus fixes, des devises et des commodities, et qui organisa le deal grec et afficha des ventes record cette année-là. L'unité, alors dirigé par Lloyd C. Blankfein, 57 ans, maintenant président de la banque basée à New York et chef exécutif, afficha également des revenus trimestriel records l'année suivante…

 

L'accord révisé proposé par la banque et exécuté en 2002, consistait à fonder les remboursements sur ce qui était alors un nouveau type de dérivé - un swap d'inflation relié à l'indice harmonisé des prix à la consommation de la zone euro...

 

Cela n'a pas bien fonctionné pour la Grèce. Les rendements obligataires ont chuté, propulsant les pertes du gouvernement jusqu'à 5,1 milliards d'euros, selon une analyse commandée par Papanicolaou. Ce fut « un très mauvais pari », affirma-t-il dans une interview.

 

L'accord fut restructuré à nouveau en 2005, selon l'article de Bloomberg, verrouillant cette fois la dette de 5,1 milliards d'euros.

 

Pour les non initiés (the unschooled) aux manières d'agir de Wall Street, on peut directement sauter à la conclusion que la Grèce et ses fonctionnaires des finances connaissaient des participants au deal. Ce ne serait pas une hypothèse déraisonnable, même quand il ne s'agit pas des comtés, des villes, et des districts scolaires à travers l'Amérique qui ont été floués et bernés de façon similaire par les banques d'investissement de Wall Street.

 

En mars 2010, l'Union Internationale des Salariés des Services (SEIU) a publié une étude montrant que de 2006 à début 2008, on estime que les banques de Wall Street ont perçu jusqu'à 28 milliards de $ en frais de résiliation des gouvernements nationaux et locaux qui cherchaient désespérément le moyen de sortir des contrats abusifs de produits dérivés. Ce montant ne comprend pas les paiements d'intérêts démesurés qui étaient en cours, et qui sont aujourd'hui encore payés dans certains cas. Les experts estiment que des milliards de ces offres de dérivés abusives pourraient encore rester non reconnues par les municipalités embarrassées.

 

En 2010, lorsque la chancelière allemande Angela Merkel entendit parler pour la première fois de ces contrats de dérivés destinés à masquer la dette souveraine entre les partenaires de l'Union européenne, elle affirma ceci : « c'est un scandale si c'est avéré, que les mêmes banques qui nous ont amenés au bord de l'abîme aient aidé à falsifier les statistiques ».

 

Eh bien, c'est exactement ce qui est arrivé.

 

Wall Street gonfla ses profits avec ces contrats, dans le but d'extorquer des primes énormes à ses actionnaires pour ses dirigeants, sur le principe qu'elle « faisait le travail de Dieu », alors qu'en fait, elle jouait du levier financier de manière catastrophique pour l'économie mondiale avec des contrat secrets d'emprunt hors-bilan. Wall Street démolit (crashed) ensuite l'économie mondiale en 2008-2009, tout comme elle l'avait fait de 1929 à 1932. Et les gens qui structurent ces deals non seulement ont encore leur emploi, mais ils ont reçu des promotions et des rémunérations toujours plus élevées, tandis que les grecs luttent pour acheter des médicaments et de la nourriture.

 

Compte tenu de cet ensemble de faits irréfutables, choisir comme Merkel le mot « scandale » pour décrire la tragédie grecque qui se déroule sous nos yeux, paraît peut-être un peu léger. »

 

 

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A lire également un entretien sur Diploweb avec J.-F. Gayraud sur la nouvelle criminalité en col blanc : 

http://www.diploweb.com/Le-nouveau-capitalisme-criminel.html

 

BLANKFEIN et COHN (source : picturedotnews.com)

BLANKFEIN et COHN (source : picturedotnews.com)

LOUDIADIS (source : nicosiamoneynews.com)

LOUDIADIS (source : nicosiamoneynews.com)

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