Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

PHILOSOPHIES

PHILOSOPHIES

Aliments pour une réflexion philosophique


CONTRE LE FANATISME, LA VERTU A BESOIN DES LUMIÈRES DE LA RAISON par René DESCARTES

Publié par medomai sur 27 Mai 2017, 17:41pm

Catégories : #PHILOSOPHIE, #RAISON, #FANATISME, #DÉSIR, #PASSION, #VERTU, #MORALE, #SAGESSE, #BONHEUR, #BÉATITUDE, #VOLONTÉ, #DEVOIR, #DESCARTES, #RENÉ, #ÉLISABETH, #DE BOHÊME, #1645

 

***

 

Frans Hals - Portret van René Descartes.jpg

René DESCARTES (1596-1650)

***

 

« Toutes sortes de désirs ne sont pas incompatibles avec la béatitude ; il n'y a que ceux qui sont accompagnés d'impatience et de tristesse.

Il n'est pas nécessaire aussi que notre raison ne se trompe point ; il suffit que notre conscience nous témoigne que nous n'avons jamais manqué de résolution et de vertu, pour exécuter toutes les choses que nous avons jugé être les meilleures, et ainsi la vertu seule est suffisante pour nous rendre contents en cette vie.

Mais néanmoins pour ce que, lorsqu'elle n'est pas éclairée par l'entendement, elle peut être fausse, c'est-à-dire que la volonté et résolution de bien faire nous peut porter à des choses mauvaises, quand nous les croyons bonnes, le contentement qui en revient n'est pas solide ;

et pour ce qu'on oppose ordinairement cette vertu aux plaisirs, aux appétits et aux passions, elle est très difficile à mettre en pratique, au lieu que le droit usage de la raison, donnant une vraie connaissance du bien, empêche que la vertu ne soit fausse, et même l'accordant avec les plaisirs licites, il en rend l'usage si aisé, et nous faisant connaître la condition de notre nature, il borne tellement nos désirs,

qu'il faut avouer que la plus grande félicité de l'homme dépend de ce droit usage de la raison, et par conséquent que l'étude qui sert à l'acquérir est la plus utile occupation qu'on puisse avoir, comme elle est aussi sans doute la plus agréable et la plus douce. »

Lettre à Élisabeth de Bohême, Edgmont, le 4 août 1645.

 

***

 

La fausse vertu, c'est Tartuffe ; la vertu fausse, c'est Torquemada et Bellarmin, Robespierre et Franco, Savonarole et Pinochet, Ivan IV et Goebbels, Pol Pot et Mollah Omar, Qin Shi Huang et McCarthy : pleins de bonnes intentions, au point de justifier la terreur.

Pro hominum maximo bono est la devise des héros mais aussi celle des fanatiques.

Descartes sait de quoi il parle lorsqu'il aborde le sujet. Il nous rappelle que bonne volonté et bonne conscience se contentent parfois d'idées fausses, de dogmes simplistes. La "vertu" peut donc être complaisante et satisfaite, quoique insuffisamment éclairée.

Il n'empêche : la tranquillité d'esprit qui en résulte n'est pas "solide", parce que le résultat final se révèle nettement moins bon qu'il n'était escompté ;

...parce qu'un esprit tant soit peu scrupuleux  et raisonné doutera avoir pris la bonne décision ;

...parce qu'infailliblement le temps passant mettra sous les yeux de tous l'abyssale stupidité des fanatiques ;

...et parce qu'il vérifiera que cette vertu absolue dont ils nous abreuvent est hors de toute humanité.

Par voie de conséquence, le diamant de la bonne volonté, aussi pur et aussi brillant soit-il, ne peut dispenser personne d'un effort de connaissance, c'est-à-dire de sagesse, pour penser quod verum beatam vitam efficiat.

"On peut dire en effet, que les hommes ont plus ou moins de Sagesse, à raison de ce qu'ils ont plus ou moins de connaissance des vérités plus importantes"

(préface des Principes de la philosophie, 1647).

L'une de ces vérités, c'est qu'une vie conduite selon la raison ne doit renoncer ni aux désirs patients et source de joie, ni aux plaisirs humains qui la rendent agréable et douce.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents